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DIGITAL TRANSFORMATION

Résilience, climat, régénération et humanisme : la nouvelle version du capitalisme

January 19, 2022

Pendant des décennies, la principale responsabilité d'un PDG a été de récompenser les actionnaires en misant sur le court terme. Une tendance parfois dénuée de sens qui est justement en train de changer. Crise climatique, crise sanitaire, inégalités sociales… le capitalisme post-COVID pourrait-il être celui de la régénération ? Parce que le monde s'est aussi construit grâce aux rêveurs et aux utopistes, nous avons eu l'envie aussi de contribuer à cette réflexion.

Une prise de conscience globale

En 2009, Ursula Burns a été nommée PDG de Xerox, devenant ainsi la première femme noire à diriger une entreprise du Fortune 500. Défendant ouvertement le capitalisme inclusif et l'équité raciale, thèmes qui animent son livre-mémoire (« Where You Are Is Not Who You Are  » ), elle défend le fait qu'il faille « trouver un équilibre entre l'argent que l'on génère et l'impact positif que l'on peut avoir sur la société. (...) La pandémie a mis en lumière ces inégalités fondamentales : les personnes dites importantes payées des millions de dollars sont restées chez elles, mais celles qui gagnent 10 dollars de l'heure et qui poussent des brancards dans les couloirs des hôpitaux ont dû venir travailler. » 


On peut aussi évoquer le livre « Net Positive: How Courageous Companies Thrive by Giving More Than They Take » de Paul Polman et Andrew Winston. Cet ouvrage vise à inciter les entreprises à construire un monde meilleur en améliorant la vie de tous ceux qu'elles touchent (clients, fournisseurs, employés, communautés locales, etc.), tout en augmentant considérablement le rendement à long terme pour les actionnaires. Une démarche qui passe par la création d'un modèle économique qui s'approprie les impacts sociaux et environnementaux pour innover, réaliser des économies et construire une culture plus humaine et plus connectée.


Ce bouillonnement intellectuel s'accompagne d'une mobilisation de la jeunesse sans précédent pour lutter contre le dérèglement climatique, et plus globalement contre les inégalités. Le récent accord du G20 au sujet de la taxation minimale de 15% des multinationales souligne l'importance du débat qui n'a pas fini de faire parler de lui. Si les planètes s'alignent lentement, il est toutefois nécessaire d'accélérer, et toutes les entreprises ont un rôle à jouer dans cette urgence.

Business case : le tourisme régénératif

Le tourisme avant la pandémie, c'était 10% du PIB mondial. Dans certains pays comme la Croatie, il représente 25% des emplois. C'est un secteur dynamique, mais qui est aussi révélateur des dysfonctionnements de notre monde avec un surtourisme qui ravage l'environnement et des émissions de CO2 en constante augmentation. Pour réinventer le monde du tourisme, des précurseurs ont ainsi lancé la coalition Future of Tourism qui énonce plusieurs grands principes :


  • Avoir une vision d'ensemble : prendre en compte la destination et pas seulement les entreprises du secteur touristique. Veiller au respect des écosystèmes, des ressources naturelles, de la culture et des traditions, des communautés ainsi que de l’esthétique et des infrastructures déjà en place.
  • Collaborer de manière pluridisciplinaire : organiser le développement du tourisme en incluant une participation égale de la gouvernance locale, du secteur privé et des organisations de la société civile représentant la diversité des communautés.
  • Exiger une répartition équitable des revenus : mettre en place des politiques qui luttent contre les inégalités touristiques pour un juste équilibre des revenus touristiques dans les collectivités locales.
  • Réduire le fardeau du tourisme : prendre en compte les coûts liés au tourisme, à la fiscalité locale, les problématiques environnementales et sociales, ainsi que les perturbations objectivement vérifiables.
  • Maîtriser l’utilisation des terres par le tourisme : limiter le tourisme de villégiature à forte occupation dans les zones concentrées. Décourager l’étalement des complexes touristiques sur les côtes, les îles, et les zones montagneuses, afin de préserver le caractère géographique, une économie diversifiée, l’accès local et les écosystèmes.
  • Diversifier les marchés : encourager le tourisme local, qui est plus résistant face aux crises et contribue à augmenter la valeur perçue du patrimoine naturel et culturel régional.


C'est ainsi que pour répondre à cette nécessité, l'entreprise Regenerative Travel met les voyageurs en relation avec des hôtels indépendants ancrés dans leur communauté et qui soutiennent activement le tourisme durable et régénératif.


Ce qui est possible dans le tourisme est possible dans n'importe quel secteur. Les dirigeants d'entreprise doivent impulser ce mouvement pour une société plus inclusive, bienveillante et respectueuse, car les pouvoirs publics ne pourront pas tout faire. Et pour y parvenir, le partage de bonnes pratiques, l'innovation, l'idéation et la confrontation des idées constituent les meilleures recettes du succès afin de voir ce qui fonctionne ailleurs comme une source d'inspiration.